Égo portrait d’une génération

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«Nous sommes la génération qui se regarde le plus, mais qui s’aime le moins.»

L’expression «génération selfie» a rarement une connotation positive, référant à des jeunes qui passent souvent plus de temps à se regarder qu’à regarder autour d’eux. Que ce soit à travers les réseaux sociaux, les vitrines de magasins ou les miroirs du gym, force est d’admettre que les regards posés sur notre personne sont constants. On parle d’une génération narcissique, égocentrique et qui se met toujours de l’avant. Et pourtant, nous aimons-nous pour autant?

La réponse, on la connaît très bien, car c’est le reflet que nous renvoie ce fameux miroir ou ce fameux selfie qui n’est jamais assez parfait. On passe notre temps à nous comparer, à suivre les autres, à filtrer nos défauts et embellir nos qualités. Le narcissique est un être qui, par définition, aime son reflet ou prétend l’aimer, alors que nous assumons au contraire le fait que nous ne sommes «jamais assez bien». Dire que nous sommes laids en nous comparant aux autres est devenue une habitude.

Sans contredit, nous aurions grandement à gagner d’apprendre à RÉELLEMENT aimer notre reflet. Pas à travers un écran, pas grâce à un filtre, pas caché sous les effets de multiples trucages qui nous semblent incontournables pour nous présenter au monde virtuel dans lequel nous évoluons et auquel nous accordons tant d’importance. Ces plateformes influencent directement l’estime que nous avons de nous-mêmes, que ce soit en l’amoindrissant à coups de commentaires négatifs ou en la renforçant relativement au nombre de petits cœurs attribués à une publication.

Rêver d’une génération qui pense un peu plus à elle pour par la suite mieux penser aux autres, sans nécessité de comparaison.

C’est peut-être le genre d’égo portrait qu’on devrait publier.

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